Savoir et pédagogie

La sempiternelle querelle, violente dans les discours parce que ses protagonistes sont des spécialistes des mots qu’ils prennent, tacitement entre eux, pour des actes, entre les tenants d’une suffisance d’un savoir académique sur une discipline pour enseigner celle-ci, et les défenseurs d’une primauté de la pédagogie, c’est-à-dire des manières de « faire la classe » pour permettre aux élèves en général, et à chacun  d’eux en particulier, de s’éduquer, est non seulement lassante mais sans rime ni raison.

Diversité des opérations

En langues vivantes, la guerre entre les connaissances et les manières de les faire passer montre chaque jour son absurdité spécifique. Ce qui compte prioritairement, pour les élèves, c’est d’acquérir la capacité de pratiquer une langue, de la comprendre et de s’exprimer en elle, c’est-à-dire, en somme de l’utiliser concrètement. Il devrait être clair pour tous que l’intérêt principal, en termes d’urgence et de quantité d’intéressés, d’une langue est de nature instrumentale. Seules les modalités d’usage occupent les soucis d’apprenants.

Raconter

« Dès qu’il y a langage, écrivait Austin, il y a métaphore » : cette analyse remarquable de l’immense linguiste indique fortement et avec clarté, qu’on ne saurait réduire une langue à un ensemble de règles, aussi rigoureuses soient-elles, aussi calibrées, aussi abstraites, aussi « scientifiques ».

Apprendre seul(e)

Les chiffres de vente des « manuels » d’auto-apprentissage sont très impressionnants, confirmant que la quantité de ceux qui se résolvent à emprunter cette route-là est elle-même impressionnante. Certaines conditions objectives contribuent à expliquer le phénomène sur le marché (il est d’ailleurs significatif que l’expression « le marché des langues » soit de plus en plus présente dans la quotidienneté).

Storytelling

C’est évidemment désolant d’employer un mot anglais pour titrer un texte, aussi court soit-il. Mais il n’existe pour l’instant aucun terme français pour nommer le phénomène en un seul souffle compact. « Raconter une histoire » serait probablement l’équivalent le plus adéquat, mais force est de reconnaître que l’expression n’incarne que de manière fort insatisfaisante le « punch » (encore !) du mot anglais. Du génie propre des différentes langues ?

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