Apprendre seul(e)

Les chiffres de vente des « manuels » d’auto-apprentissage sont très impressionnants, confirmant que la quantité de ceux qui se résolvent à emprunter cette route-là est elle-même impressionnante. Certaines conditions objectives contribuent à expliquer le phénomène sur le marché (il est d’ailleurs significatif que l’expression « le marché des langues » soit de plus en plus présente dans la quotidienneté).

Storytelling

C’est évidemment désolant d’employer un mot anglais pour titrer un texte, aussi court soit-il. Mais il n’existe pour l’instant aucun terme français pour nommer le phénomène en un seul souffle compact. « Raconter une histoire » serait probablement l’équivalent le plus adéquat, mais force est de reconnaître que l’expression n’incarne que de manière fort insatisfaisante le « punch » (encore !) du mot anglais. Du génie propre des différentes langues ?

L’anglais (une fois de plus)

L’autre jour, l’une de mes anciennes élèves, pourtant professeur de français à l’étranger, m’a déclaré péremptoirement qu’elle ne voulait pas, mais alors pas du tout, louer son appartement à des « chain smokers ». J’ai vacillé l’espace d’un instant. J’avais l’impression que « fumeur à la chaîne » était exactement aussi simple et facile à prononcer et que, au fond du fond, « ça » disait la même chose. Mais la guerre contre les fumeurs est devenue tellement âpre, sans merci, que je me suis, avec couardise, tu. Pas le moment d’entrer dans une lutte perdue d’avance.

Poids lourd

Lorsque vous désirez vous pousser du col, paraître d’une modernité qui laisse sur place tous vos semblables, vous devez, toutes affaires cessantes, provoquer les occasions d’orner vos phrases d’un superbe « C’est du lourd ». D’abord une telle expression confère à ce que vous venez de dire, un poids supplémentaire qui souligne le sérieux de votre propos. « Un discours d’importance » eut commenté le cher Bourdieu. Il est utile d’accompagner votre commentaire d’un air ostensiblement compassé, votre tête prête à chavirer (sans doute tellement lourde…).

A table

Nous assistons, en ce moment même (phénomène rarissime pour notre attention individuelle), à la montée au firmament d’une expression qui n’est pas nouvelle mais qui vient de conquérir la première place dans les manières de parler et qu’il faut absolument utiliser si l’on veut apparaître comme un être « in », dans le coup, à la page. Il est vraisemblable que ce sont les médias qui ont enclenché l’événement avant de lui donner ses lettres de noblesse.

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