Des voies obliques

Il y a sans doute beaucoup d’illusions dans les choix langagiers et pédagogiques qu’on se sent capables d’opérer soi-même. La plupart du temps, les impétrants sous-estiment le travail à fournir, ou, si l’on préfère, surestiment leurs propres compétences d’apprenant (et cela essentiellement parce que les langues vivantes, en vraie grandeur, paraissent aisées d’accès et ne pas poser d’innombrables problèmes d’apprentissage). La proximité entre langue authentique et langue à apprendre, est la racine de cette illusion.

Apprentissages sauvages

Les médias qui, par leur exemple et leur capacité de pénétration, constitueraient, à première vue, la voie optimale que pourrait choisir un autodidacte, ont désormais déclaré forfait, depuis qu’ils sont très brutalement soumis aux impératifs d’audience, donc de publicité, donc d’argent. Pendant plusieurs années, la principale chaîne publique de télévision a diffusé un programme d’apprentissage de l’anglais (d’ailleurs excellent) ; il est dorénavant balayé.

Offres d’apprentissage

Offres d’apprentissage à géométrie variable

Les « objectifs spécifiques », qui n’ont jamais été clairement définis en termes de compétences langagières nécessaires, ou, au moins, prioritaires, sont en train de disparaître de l’horizon théorique de la didactique des langues dans la mesure où, désormais, on ne peut plus guère affirmer la pertinence de cette notion floue depuis toujours, de « français général ». Il n’y a plus, à parler opératoirement, que des « français à objectifs spécifiques » (ou toute autre langue étrangère, bien entendu).

Savoir-faire sectoriels

Pratiquer une langue comme un natif constitue une ambition exactement totalitaire dont personne ne se préoccupe plus, sauf peut-être ceux qui aiment parler pour ne rien dire. C’était une bonne illustration d’un temps qui affirmait ne se soucier que d’une excellence achevée et de dégager des élites par la diffusion de l’éducation. On se donnait l’illusion de viser une inatteignable apogée, une sorte de savoir absolu, comme si celui-ci pouvait exister.

Voilà

Il y a une recrudescence des « voilà » dans la parole publique, ou, plutôt, médiatique. Le joueur de football (ou tout autre sportif), le chanteur (ou tout autre people), dès qu’on leur pose une question pourtant, par force, bien banale, surabonde de plus en plus de « voilà », pratiquement à chaque émission de voix. Ce n’est certes pas la première fois que je consacre une chronique à ce phénomène, mais il va en s’amplifiant, et il faut essayer (sans y croire vraiment) de l’endiguer. Même des profanes s’en rendent compte : nombreux sont ceux, depuis quelques mois, qui m’interrogent sur le sujet, parce que je leur parais être un spécialiste.

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